
Ces derniers temps, fidèle lecteur, il ne t'aura pas échappé que je ne me suis pas vraiment forcé à alimenter mon joli blog. Faut dire aussi que le crime fait un peu relâche et que c'est quand même bien pratique, le crime, pour animer le coin. Il y a aussi que j'ai été assez occupé a des activités plus ou moins militantes dont je me serais en fait volontiers passé. On ne fait pas toujours ce qu'on veut, non plus.
Ces activités militantes, qui plus est, sont bien dans l'air du temps, un temps où la question importante semble être l'identité. Savoir qui suis-je a l'air 'achement plus important qu'où vais-je, c'est dire dans quel état nous errons (petit patapon). J'ai lu aussi récemment le bouquin de Christian Roudaut , intitulé France, je t'aime je te quitte, publié chez Fayard, que ma Moman m'a offert il n'y a pas longtemps. Bon bouquin, j'en recommande la lecture à tous les torturés de l'identité Nationale, expats où pas. Seul regret, on y parle pas de l'Afrique, ni du nord, ni subsaharienne, ce qui eut pourtant été fort instructif.

Et par ci, par là émerge la question du Pourquoi. Pourquoi y en a des qui choisissent

Et voilà, moi, je reste à Casablanca, pour le moment parce que j'aime cette ville. J'aime m'y promener le nez en l'air. J'aime sa vie. Parce qu'elle est explosive. J'aime la générosité de ses épiciers. J'aime son climat. J'aime sa langueur un peu décatie sous le soleil. J'aime détester aussi bien ses pauvres analphabètes et inciviques au moins autant que ses nouveaux riches incultes et inciviques —itou— et leur insupportable et universel usage du klaxon. J'aime l'ébullition de sa jeunesse, son combat et sa vigilance contre l'obscurantisme, sa revendication d'une identité dynamique, moderne, connectée, compatible avec son passé, son histoire. J'aime ses vieux restaux, ses bocadillos, ses pizzerias et ses chawarmas (je laisse les escargots à ceux qu'aiment ça). J'aime la corniche, sa nouvelle zone piétonnisée au moins autant que les frites-brochettes-spéciale® de chez Saâd et ses arbres coccinelles. J'aime faire du cerf-volant à Sidi Abderhamane, au printemps, quand le sable n'est pas encore masqué par les hordes de touristes avachis sur leur transat à 50 balles. J'aime le matin quand le port vomit un bric à brac sonore et trébuchant, une vague de camions, fenwicks, petits hondas qui rejoint celle des charrettes à bras, des ânes, des sakhars, des scooters et mobylettes des bouchkaras en plein centre ville. J'aime haïr sa pollution et ses embouteillages.

J'aime son amnésie… mais c'est le plus dur.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire