lundi 18 juillet 2011

Nouzha feïn hiya ?

Il y a des jours comme ça, où on a envie de piquer une bonne grosse colère. Un effet d'accumulation sans doute.
À la fin de la semaine dernière, tu t'en souviens sans doute, fidèle lectrice, c'était le festival de Casablanca, une date que je n'ai jamais raté depuis sa création, et que j'attends (et je suis pas le seul, fidèle lecteur) avec impatience chaque année. Expos, concerts gratuits, manifestations culturelles en tout genres rythment cette semaine estivale, et c'est l'occasion pour les casablancais de se mêler, toutes générations, sexes et classes sociales confondus.
Et si j'y suis si attentif, c'est aussi pour avoir travaillé sur les affiches et la communication de la première édition, avec l'agence Mozaïk.
Cette année, qui plus est, un festival dans le festival, Nouzha Fennia, proposait des ateliers et rencontres, expos etc.
Yessss ! me suis-je dit au matin du 13, en emmenant les zenfants à la fabrique culturelle pour un atelier de graff animés par des hip-hoppers qualifiés…
Las, 1h30 après le début officiel de l'atelier, il était clair que de peinture… point, et qu'à part quelques "organisateurs" promenant leur dreads, le coin était désert. Nous apprendrons le lendemain après midi –sur place– que la peinture est bloquée en douane quelque part…
Bon, et bien les enfants… je crois qu'on va rentrer alors…

Any colour you like
Le soir, c'était le spectacle d'ouverture, bien sympathique quoique un peu petit pour la dimension du lieu… lieu qui ne semblait pas aussi rempli que les années précédentes. La sono également semblait peu puissante, il nous parvenait quelques bribes du Floyd, ce qui est toujours bon à prendre, même si pas très novateur. Bon je passerai sur le concert de Ayo, où nous constatons là aussi une affluence moindre que d'hab, pasque bon, Ayo, c'est pas trop mon truc…
Trois pelés, un tondu… les boules !
 Par contrevanche, les concerts de Darga et Amazigh Kateb étaient aussi excellents qu'on pouvait l'escompter. Amazigh particulièrement a emballé la (maigre) foule en moins de temps qu'il ne faut pour le dire en entonnant "ma vi(ll)e, mon désespoir".
On aurait du se méfier, c'était prémonitoire…
Car nous nous faisions une fête d'aller le lendemain au feu d'artifice qui chaque année clôture le festival avec panache… mais figure-toi, fidèle lecteur, que arrivés sur place, nous apprendrons qu'il a été tiré avec une heure d'avance, à la stupeur des policiers de faction, qui encadraient l'afflux du public pour un événement déjà fini !
Bon, et bien les enfants… je crois qu'on va rentrer alors… (bis)

Around Midnight
Bréfle tout ça nous a donné le sentiment d'un sabotage organisé, bien que quelques galonnés nous soutiennent dans les yeux que non non, c'était bien prévu à 23h. Non non, ça l'était pas, comme on peut encore le lire ici à l'heure où j'écris ces lignes…
Mais comme bien entendu, depuis deux jours, nous avions pu constater les divergences entre les versions papiers et en ligne du programme… tfou ! comme on dit par ici.

Et ce genre d'incompétence, ou de malveillance, selon les avis, ça a le don de me mettre hors de moi quand même.

Histoire de me calmer, tout à l'heure, je me suis dirigé vers le marché central, histoire d'acquérir quelques gourmandises à partager avec ma copine. Tu t'en souviens sans doute fidèle lecteurice, le marché central, c'est ce magnifique édifice qui fait face à l'hôtel Lincoln, symbole par excellence du gâchis du patrimoine architectural Casablancais. Il y a quelques temps, je t'avais même invité à signer une pétition en ligne pour éviter la démolition de l'immeuble Piot-Templier qui le jouxte.
Et bien rassure-toi, à l'heure des grandes réformes au Maroc, à l'heure où Casablanca résonne du fracas des travaux du tramway, censé revitaliser le centre ville avec ses aménagements piétonniers, à l'heure où le roi lui même discourt sur la nécessité de sauvegarder le patrimoine historique… le bezness continue, et avec lui le saccage…

Lay down the wall
J'ai déjà vu ça quelque part
Quant à savoir si par ici, la culture est considérée comme un luxe ou un loisir négligeable… je te laisse répondre tout seul, fidèle lectrice. Tu peux te joindre à nous, fidèle lecteur, tu vois ce coup-ci, pas de trucs à signer, pour ce que ça sert.

En plus, la boutique était fermée… tfouuu !

Allez, c'est les vacances… pourquoi se fatiguer ? Consommons, consommons.
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