lundi 11 juin 2012

Alien Vê

J'ai zété voir Prometheus.

Don't push me cuz I'm close to the –edge / I'm trying not to lose my head

 Tu imagines, fidèle lectrice, l'impatience qui m'animait à l'idée de retrouver Ridley Scott dans ses œuvres ! Depuis le temps qu'on attend, depuis qu'on nous tient en haleine avec de petit bouts de bandes annonces, de morceaux d'extraits qu'on nous laisse entrevoir depuis quelques années maintenant, on allait voir ce qu'on allait voir, le maître était de retour pour remettre les pendules à l'heure et redonner à la série tout son souffle. Ah ah, j'avais même osé espérer que l'ami Giger allait revenir aux manettes…
Bon, tu l'aura compris, fidèle lecteur, j'ai pas été emballé. Si tu veux aller voir le film, vas-y et reviens après qu'on en cause, pasque à partir de là, je sens qu'on va spoiler…
(mais ailleurs, y en a qui aiment, allez-y de ma part)

Qu'est-ce que je fais-ici ?
What am I doing here ?
Bon au début, bonne surprise, le Megarama nous refile des lunettes portables qu'on ne sera pas obligé de rendre à la fin, c'est déjà ça même si le fiston et moi nous retrouvons affublés de binocles à la Clark Kent, voire à la Chirac 1974, top modernes donc. En plus, ils ont fait je ne sais quoi, mais on voit enfin l'image sans pleurer toutes les larmes de nos corps, et sans se demander si c'est bien Jack Sparrow au fond de ce tunnel, ou si on est encore dans Tron…

Sur ce, ça démarre. Pas mal même.
Longue glissade sur de grandioses paysages, rudes et primals (primaux ?), la typo du titre joue avec celle de l'ouverture du premier ALIEN, quoique que le choix de cette incise soit un poil maniéré à mon goût (une remarque destinée à ceux de mes étudiants qui s'égareraient par ici) et que ça tiens plus de l'exercice formel que de la formidable évidence de la première version…
Qu'est-ce que je fous là ?
Surgit alors le Vê, himself, se livrant à un ensemencement de cascade assez bien foutu, esthétiquement, mais qui laisse entrecraindre la suite (buvez, ceci est mon corps).

Ça farte !
Bon, bien, brèfle, à partir de là ça commence quand même à se déglinguer sévère… Noomi Rapace à l'air presque aussi crédible en archéologue qu'Adjani en sculptrice (yes ! fidèle lecteuse). On a ensuite droit à une débauche de technologie "Computer Generated" carrément anachronique, qui culmine avec les scaphandres hideux de nos amis explorateurs, partant surfer vers l'inconnu avec une bulle panoramique sur le chef…

Faute d'esthétique cathodique bien vintage, l'ami Ridley ne lésine pas sur la symbolique apostolique, en foutant des croix partout, y compris sur le scénario, qui, d'invraisemblances en apartés finit par nous amener aux confins du Bogdanovisme et du "intelligent design" le plus débridé…

Tout ça pour dire qu'à mon avis on est pas loin de la trahison… Et je comprends que Scott précise à qui veut l'entendre que nohhhon c'est pas une suite d'Alien, ni euhhhhh une présuite, ou une préquelle maiiiis que bohhhhh, on va y retrouver l'ADN (sigh) d'ALIEN, même si boohhhhn, non, on voit pas la créature, et que euhhhh– oui bon OK, donc, le truc, c'est que il fallait faire un film sur le "Space Jockey" parceque, parce que, pasqueuuuhhhh. – Merci Ridley.

Le seul truc que Giger a réellement fait pour le film, à l'écran facilement 48 secondes…

Pour moi ALIEN, c'est avant tout une esthétique, une esthétique que les précédents réalisateurs, héritiers de Ridley Scott ont exploitée avec plus ou moins de bonheur et de talent, de Cameron et son Aliens de bazar à la testostérone, à Jeunet qui en à fait un truc purement formel, un exercice de style sur-dimensionné, qui faisait un peu regretter le temps du bunker de la dernière rafale.
En fait, peut-être bien que mon préféré, c'est Alien³ de David Fincher en fin de compte, celui dans lequel Ripley est larguée parmi cette bande de fous mystiques, tous plus chtarbés les uns que les autres, et duquel ressort une noirceur pessimiste bien radicale. Les personnages les plus intéressants, les plus profonds et les plus ambivalents qu'on ai vu dans cet univers là.

La carte de la planète Gong ? Non ! Une bulle informatique ! 
C'est sans doute aussi celui où paradoxalement, l'esthétique de Giger est la moins présente, mais à vrai dire si c'est pour en faire l'espèce de caricature que Rydley Scott nous inflige… c'est mieux ainsi, Giger, il sait dessiner des sièges, lui…

 Paf !

Bon Ridley, s'il te plaît, arrête de regarder des films de Cameron (à part Terminator) et retourne faire du cinéma, j'ai entendu dire que tu préparais un Blade runner 2, ne nous déçois pas !

Musique !


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