samedi 6 juin 2009

Trésors de l'enfance

On dirait bien que revoilà l'été, et avec l'été le t-shirt annuel de L'île aux trésors.
L'île aux trésors, c'est un peu le client idéal. Nos relations ont commencées par la commande d'un logo, comme souvent, à la différence notable que Adil, le directeur de ce jardin d'enfants, n'ayant pas d'idée préconçue sur la question nous a laissé carte blanche. Et c'est ainsi que nous avons créé cette image, en quadri (haaaan, un logo en quadri ! mais c'est pas normal !), mais également un logo trilingue, arabe/français/amazigh–même si l'amazigh et plus phonétique qu'étymologique

En tous les cas, pour moi, c'était une sorte d'aboutissement des travaux que j'ai fait sur la graphie des tiffinaghs (les signes qui constituent l'alphabet des langues amazighs, c'est à dire berbères–tout le monde suit ?). Et, à l'époque, il y a quelques années cette graphie n'était pas si répandue qu'elle l'est maintenant, ayant été interdite pendant… longtemps, avant d'être considérée comme un élément constitutif de l'identité et de la culture marocaine.
Cela m'a permis de travailler une (calli-) graphie assortie pour les trois langues, en accentuant les convergences, alors que je n'avais jusqu'alors produit des logos qu'en deux graphies.

Et puis surtout depuis, nous avons poursuivi une vraie, et riche collaboration, entre la production de la papeterie, l'habillage du panneau d'information, les calendriers ; une relation suivie depuis 4 ans maintenant où revient chaque année le t-shirt pour le centre aéré du mois de juillet.











Et pour qui connaît l'état du graphisme sous nos cieux et les relations clients/fournisseurs qui y ont cours, ce genre de partenariat complice et respectueux est réellement appréciable. Un document en particulier que nous avons produit cette année illustre bien cette relation.

Il s'agit d'un dépliant/poster destiné à tenter de sensibiliser les parents et chauffeurs au respect du code de la route, au moins aux alentours de l'école –Pour ceux qui ne seraient pas du coin, il faut savoir que Casablanca est une ville où on peut se faire insulter parce qu'on est bien stationné, et par ceux qui ne le sont pas : Quoi ? Moi ? Bouger ma siara pour que tu puisse sortir ? Pour qui tu te prends ?– Un combat pas gagné d'avance donc.
Nous avons donc conçu, avec toute l'équipe, une petite série d'activités pédago-ludiques à faire en classe, dans le but de sensibiliser les enfants au comportement à avoir dans la rue, sous la forme d'un petit dépliant sur lequel les enfants travaillent.

Évidemment, un des buts de la manœuvre est que les enfants ramènent le dépliant à la maison et sensibilisent les parents à leur tour.



Pour cela, quand on ouvre le document sur sa longueur, on découvre un terrain de jeu pour petites voitures représentant la carte des alentours de l'école, dessinée de manière à ce que les enfants puissent se situer grâce à des points de repères qu'ils connaissent–pas la peine de dessiner ce qu'il y a derrière les murs, pratique !–





Par contrevanche, le plan de l'école elle même est suffisamment détaillé pour que les enfants puissent montrer leur classe ou les endroits où ils jouent dans les cours.
Je ne sais pas si le comportement des automobilistes usagers de ce carrefour à beaucoup changé, mais au moins, on a essayé, et je suppose qu'on essaiera encore (yäk, Adil ?).

Et voilà, le seul regret que j'ai, c'est que c'est un projet isolé. Je suis persuadé que les choses pourraient évoluer, sur le moyen terme, si toutes les écoles, et même celles pour les grands, avaient ce genre de démarche, en particulier les quatre ou cinq établissements situés dans un périmètre de trois cent mètres. [Et spécialement l'école française Ernest Renan.] Hop ! Hop ! J'ai parlé trop vite ! Il y a deux pages spéciales sécurité routière dans le nouveau numéro du journal des enfants de l'école ! Je retire !
Je trouve toujours curieux, et un brin hypocrite, de prétendre former des citoyens, de prétendre initier la jeunesse aux joies du civisme, alors que dans le même temps, on nie l'impact que les établissements ont sur le tissu urbain, et on fait comme si ce qui se passe à l'extérieur des murs de l'école ne concernait absolument pas ce qui se passe à l'intérieur.
En tous les cas, merci Adil, et merci à toute l'équipe de L'île aux trésors d'avoir initié et permis de réaliser ce projet.

Comme d'hab, si on clique sur les images, on les voit mieux.
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