mercredi 24 août 2016

Je dessine au café #WTFFrance


 Midi à Rabat. Chaleur et petit dèj nonchalant et tardif. J'écoute la conversation des femmes en crobardant.
Les hommes, les femmes… c'est compliqué.
Les musulman(e)s, les chrétien(ne)s, les mystiques, les agnostiques…
Les marocain(e)s, les français(es), les américain(e)s…
C'est compliqué, mais c'est tellement simple d'en parler, de s'écouter, de se comprendre.

Et je digresse, quand dans les bars, dans les cafés (ici le[6] à Casablanca), à côté du tram la Résistance, je recommande leurs salades le midi) ou sur les terrasses, je vois que dans les cafés où il y a des femmes –seules, voilées, ou pas– on accepte les hommes.
 Moi par exemple, qui sans trop me cacher dessine librement les gens du coin.
Alors que dans les cafés, où il y a des hommes… les femmes n'ont pas l'air aussi bienvenues, ou en tout les cas, ne se bousculent pas.

Quand y a des hommes, y a que des hommes.
Quand y a des femmes, il peut aussi y avoir des hommes.

Il doit y avoir un ratio.

Et dans le jardin, c'est l'irrationnel, qui survient, qui surgit.
On y cause du burkini.
Des plages au maroc où les barbu(e)s imposent leurs lois vestimentaires. Des félés qui sur facebook dénoncent l'immoralité des bikineuses, parfois à coups de katana.

Et des corses, et des arrêtés municipaux. Et du délire, malsain, inique qui semble avoir saisi la France.
Et je prédis, qu'avec sa tradition napoleonienne, notre douce France devrait bientôt devoir légiférer, et définir, à coup de NF, sur la tenue règlementaire, longueur, coupe, translucidité des maillots de bains.
Pour femmes.
Au niveau national.
Pour femmes nationales ®.
De Qualité Frânçaise.

Et j'ai honte.
J'ai honte comme un américain sous G.W. Bush. J'ai honte comme un italien sous Berlusconi. J'ai honte comme sous Sarkozy.
Mais j'ai honte, et je suis atterré, et je suis enervé. Et même de plus en plus en colère. Parce que ce coup-ci, j'ai honte de m'être fait berner, de m'être bien fait niquer (encore plus que quand Chirac avait fait semblant de pas comprendre pourquoi j'avais voté pour lui —Salaud.)
Et j'ai honte d'avoir eu raison, et de voir, sur les plages de Nice, que le port du T-shirt est prohibé.
Pour les femmes.

Pour
(qu'ils disent)
les femmes.

Et j'ai honte par avance pour tous les abrutis, les décérébrés de la tête, les DeBonSens a qui il faudra expliquer que ce n'est pas parce qu'on est contre les uns qu'on est pour les autres. Et j'ai honte, déjà, de devoir contempler la nullité intellectuelle que promettent d'être les prochains débats électoraux. Du haut en bas, du plus minuscopique commentateur de 20 minutes (ou du Monde, sur Google+) jusqu'aux ex-en-charge-des plus-hautes-responsabilités*.
Tous drapés dans leur laïcité, leurs religions, leur respect-qu'on-leur-doit, arc-boutés sur les mâts de leurs étendards pour nous imposer leurs petites cloisons, leurs mesquines barrières, leurs ridicules clos, leurs cloitres rabougris d'où on ne pourra bientôt plus entrer ni sortir.
Parce qu'on les aura laissé faire.

Va falloir que je trouve un moyen de m'occuper de ça un peu plus efficacement et concrétement qu'en postant des #WTFFrance sur Twitter, ou des posts sur mon blog.
Tout en continuant de crobarder la vie autour de moi.
J'en suis malade d'avance.



*Dingue de chez dingue, j'en parle un jour et ça arrive le lendemain ou le soir même. Je vais finir prophète si ça continue, faut que je fasse attention.
Au cas ou, fidèles lecteurs et trices, je te signale que les trucs écrits en bleu sont cliquables pour contextualiser le propos. Et dedans j'ai coutume de dissimuler un lien musical.
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