vendredi 10 septembre 2010

Autant en emporte le vent

Le 25 juin dernier, je me trouvais en grande (?) conversation avec quelques cybercamarades, quand, pris d'une soudaine inspiration, je suis allé faire le tour des alentours histoire d'en ramener quelques photos, qui, à coup sûr plairaient à l'ami Padraig, grand amateur d'éoliennes.


Il se trouve que le quartier de l'Oasis, dans la belle ville de Casablanca, recèle encore quelques belles pièces. En effet, si nous sommes maintenant en plein tissu urbain, il n'y a pas si longtemps le coin était périphérique voire banlieusard, et il subsiste ici et là quelques ilots de ruralité, et quelques puits en fonctionnement… Il va sans dire que cet habitat rural, a tendance a se transformer en habitat précaire à grande vitesse, voire à bidonvilliser dans les coins à l'abri des regards.

 Mais j'aime le parfum qui se dégage des petites demeures coloniales à l'architecture parfois surprenante d'occidentalité. Petits anachronismes mécaniques qui brassent mollement un air nostalgique et désuet.

(et pourtant elle tourne)
Au coin d'une rue j'en repérais une, mais, mauvaise lumière, mauvais angle, pas moyen d'immortaliser l'engin, qui disparait derrière une grande bâtisse, ou est masqué par la végétation.
La grande bâtisse en question, je passe devant depuis longtemps et le peu qu'on en voit derrière de hauts murs m'évoque toujours ces lieux ou, accompagnés de quelques jésuites, nous allions, joyeux pensionnaires pré pubères, nous adonner en bande à quelque récollection. Sans doute le volume du bâtiment associé au fait que dans les parages immédiats se trouve l'Église du Carmel St. Joseph, de la même époque, à première vue, ou au moins de la même couleur.
Mais ce jour là, la décrépitude du lieu est d'autant plus frappante que le mur d'enceinte a perdu sa partie haute, récemment démontée. J'en profite pour jeter un œil.


Et là, je découvre émerveillé un jardin luxuriant bien que négligé, mêlant des influences andalouses et anglaises, un petit écrin botanique en terrasses cloisonnées, surveillé par une grenouille vernissée. Clic clac.
Mais surgit tout à trac un type, gardien du paradis, et clairement pas disposé à me faire visiter les lieux. Je me replie en adoptant un air dégagé de circonstance.

Ce matin, j'ai appris l'histoire de cette maison.
C'était la dernière demeure d'Auguste Cadet, un des plus grands architecte de Casablanca, bâtisseur entre autre, et avec d'autres du fameux quartier des Habbous (spécialement la Mahakma) que les touristes prennent souvent pour un quartier traditionnel, tellement il est emblématique du style "marocain". Il faut dire qu'Auguste Cadet était très imprégné, influencé et respectueux du style local. Sa maison était d'ailleurs un hommage à l'architecture hispano-mauresque, une sorte de manifeste, de compilation de ces styles. À sa mort, il l'a légué à l'Académie d'Architecture… Française. Qui l'a revendue à je ne sais qui.

Avant hier, une nouvelle ouverture dans le mur est apparue…


…et tout à l'heure, nous nous sommes retrouvés, à l'appel de l'association Casa Mémoire, une petite trentaine, à contempler le paradis devenu enfer.

Certains voulaient chercher "la grenouille", mais il nous était interdit d'entrer.

Apparemment, j'ai pris la dernière photo de "la grenouille" à son poste.

Ce qu'il reste dudit poste de surveillance se situe, sur la photo ci contre, à peu prés entre le b et le l de mon filigrane, un peu au dessus.

J'en ai profité pour photographier l'éolienne, on la voit vachement mieux maintenant. Faudrait pas perdre la trace de cette époque… de cette culture.
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