Et oui, fidéle lectrice, fidèle lecteur, les routes sur lesquelles la vie nous entraine croisent parfois des frontières.
Pour notre dernier fait divers réalisé pour l'hebdo Actuel, l'histoire nous propulse dans la zone de rétention d'un poste de douane aéroportuaire. C'est là que notre héroïne, subsharienne tentant de rallier l'europe par des chemins marocains va faire la rencontre d'un douanier. Lequel ne sera pas insensible à ses charmes, ce qu'il lui manifestera de manière virile et autoritaire.
Évidemment, ce n'est pas parce que son violeur a été confondu que lui sera épargné la reconduite à la frontière.
Ah ben y a une justice quand même !
Et puis le viol par un représentant de l'autorité, ça a l'air tendance en ce moment…
Comme tu peux le constater sur la photo, fidèle lectrice, je me trouve actuellement à Tanger, ou je m'adonne aux joies du cerf-volant au coucher du soleil sous un ciel aux couleurs variables…
Mais je te rassure fidèle lecteur, l'oisiveté ne me menace guère car le reste du temps, je suis en résidence pour préparer un projet théâtral d'envergure ! Rien moins que l'adaptation marocaine de la pièce de Bacri & Jaoui : un Air de Famille.
Un casting somptueux, un metteur en scène exigeant et talentueux, une tournée à la fin de l'année, je t'invite d'ailleurs à découvrir ce nouveau projet en cliquant ici même (c'est le blog du making of) !
Tu verra, il y a de superbes photos ! Celle-ci a été prise par Alain d'ailleurs…
Et voilà, fidèle lectrice et fidèle lecteur, mes amours, le retour du fait divers. Et avec lui le retour d'un personnage récurrent dans l'imaginaire marocain : l'homosexuel, corrupteur évidemment.
L'homosexualité, un thème qui colle à l'image du Maroc depuis… pffffou, un temps fou, au grand dam des marocains dans leur apparente majorité.
L'homosexualité qui, comme dans d'ailleurs d'autres pays est un délit, ce qui explique (?) le retour régulier du thème dans la rubrique des faits divers.
L'homosexualité qui est aussi un des thèmes (mythe ?) fondateurs de la littérature contemporaine marocaine, depuis le Pain nu de Mohamed Choukri… Les quelques étrangers de l'école tangéroise, Bowles, Ginsberg Genet bien sur sont des références littéraires internationales et prestigieuse, mais de ce côté ci, ils sont l'incarnation du pédé corrupteur, lequel a bien évidemment une connotation coloniale trouble (l'oppresseur illégitime/le vecteur de progrés).
Ce personnage, on peut le croiser dans le Pain nu, bien sur, mais aussi dans Ni fleurs ni couronnes, de Souad Bahéchar, ou dans Partir de ce filou de Tahar Benjelloun, (après le mode traducteur de Choukri, le mode plagiaire). Ce personnage, on le retrouve aussi dans l'Armée du Salut de Abdellah Taïa, mais débarrassé de sa caricature de colonial corrupteur.
Mais revenons à nos moutons, dans cette histoire, nul besoin d'étranger du dehors pour pimenter notre fait divers puisque tout ceci se passe entre marocains.
Mais à part ça, on a tout le reste, sexe, drogue, corruption, avenir et famille brisés. Et bien entendu, une victime et donc, un coupable.
La tradition quoi.
Illustration bien entendu parue dans Actuel, magazine marocain, mais je ne sais plus trop dans quel numéro… l'actualité agitée de ses dernières semaines ayant un peu perturbé l'ordre et les délais de publication…
Un post que j'ai promis à mes étudiants depuis longtemps…
À la fin de l'an dernier, fidèle lectrice, j'ai eu l'occasion de travailler, au sein du Studio (et oui fidèle lecteur) pour le magasin/boutique/galerie K Fine Art. D'ailleurs je t'encourage vivement à jeter un œil sur ce boulot dont nous ne sommes pas mécontents.
Or donc, parmi une extraordinaire débauche d'objet plus admirables les uns que les autres, se trouvait un exemplaire des Kasbahs de l'Atlas, recueil d'images de Majorelle (Jacques), dans son coffret original, lequel contient également, enveloppé d'un tissu réalisé pour, une préface de Lyautey —himself— et un texte de Majorelle —itou.
Et là, à part la prose de Lyautey qui vaut son pesant de cacahouètes coloniales, spécialement le passage où il rend un vibrant hommage aux qualités d'espion d'agent de liaison de chic type de Majorelle, la composition typographique, au plomb, magnifique, sur un papier charnu, rude, me laisse pantois… qu'on en juge… (tu peux respirer, f.l.)
Oui oui, tu as bien lu fidèle lectrice… 520 exemplaires en offset, rehaussé d'or et d'argent, carrément.
Bonjour bonjour fidèle lectrice, hello hello fidèle lecteur, je suis de retour. Et oui, tu l'aura remarqué, je n'ai pas été fort assidu au niveau du bloguisme ces derniers temps, il faut dire que j'ai été un peu occupé à déménager, si tu veux tout savoir. J'ai donc du retard à rattraper en particulier dans la mise en ligne du fait divers, inutile de te rendre donc chez ton marchand de journals habituel pour y acquérir la version papier de cette magnifique illustration, elle n'est plus disponible depuis quelques semaines déjà.
Quelques semaines durant lesquelles le fameux "printemps arabe" a fait la une des media, bien que la version marocaine de ce parfum printanier se fasse plus discrète que ses pendants Lybiens, Syriens, ou autres. Et je ne m'en plains pas vraiment. Mais revenons à notre illustration, qui justement avait pour sujet certains débordements "collatéraux" des manifs du 20 février. En effet si les manifestations se déroulent (d'une manière générale) dans un calme et une maturité unanimement salués, ce jour là, le Maroc a pu expérimenter le phénomène "casseurs opportunistes". En l'occurrence, trois frangins qui ont mis a profit les troubles à Larache pour s'introduire dans les locaux de la douane et y faire main basse sur moult stupéfiants qui y étaient stockés. Stupéfiants sous forme d'alcool de contrebande comme de haschich dont nos amis vont immédiatement faire grande consommation. Or si on nous rebat les oreilles du discours selon lequel le shit ou l'herbe serait hyper moins dangereux, en terme d'addictivité ou de toxicité que le tabac ou l'alcool, on oublie souvent de signaler que le souci majeur avec le Hash, c'est que ça rend stone, et oui. Et que la stonerie entraine des comportements plus ou moins rationnels et intelligents (plutôt moins en fait, eh eh) et que par voie de conséquence, nos trois compères se sont fait gauler dés le lendemain de leurs méfait, et dans un état de lucidité… altéré disons. Allez hop, musique
Dans la palmeraie de Marrakech, figure toi, fidèle lectrice, fidèle lecteur, que l'honnête homme aisé n'est pas toujours en sécurité. C'est pourquoi dans le n° 84 d'actuel, on apprend que quelques gredins y pratiquent le rapt, a visées lucratives. Ah là là ! Dans quel monde vivons nous ?
Comme tu le sais déjà, fidèle lectrice, et que tu t'en doutes, fidèle lecteur, je suis un chic type –en toute modestie.
Et c'est donc à ce titre que je tiens à participer à l'opé "resto du cœur" des blogs, dont j'ai entendu parler d'abord sur l'excellent "C(h)œur de citoyen", puis sur le non moins excellent "comptoir de la BD". De quoi s'agit-il ? Pour chaque article publié sur un blog vantant les "Restos du cœur", Danone et Carrefour s'engagent à leur fournir 10 repas.
En voilà une idée qu'elle est bonne ! me dis-je aussi sec, je vais faire ça… pour ce que ça me coûte !
Poursuivant ma lecture, je note alors que y en a des qui s'insurgent contre le fait de faire de la pub aux deux parrains de l'opération, dont évidemment, il est permis de douter de la philanthropie désintéressée. De celle de l'un comme de celle de l'autre.
Alors il faudrait se contorsionner pour parler de l'opé, sans citer les marques, pasque ça leur ferait de la pub, et que la pub : c'est mal. Je suis bien d'accord, la pub, ça peut être une forme de pollution spécialement perverse et envahissante, que ça soit dans les espaces urbains (à Casa, je me demande vraiment à quoi ça sert de s'offrir un architecte, puisque son travail va être ruiné ou masqué par des enseignes et pubs plus grosses que l'immeuble qui les supportent) autant que dans les espaces culturels. Et je me demande vraiment souvent de quel droit ces gens viennent nous crier dans les yeux, dans les oreilles, ou les deux à la fois —au milieu du film, par exemple. Et je me sens d'autant plus autorisé à pérorer sur le sujet, puisque de la pub, j'en ai fait "embedded" pendant 10 ans, et qu'il m'arrive encore, je le confesse d'en faire pour me nourrir, et mes gosses avec.
Bon mais là quand même, faut pas prendre les gens pour des cons… l'argent, ça pousse pas sur les blogs, et c'est clair que les gars qui paient (y en a toujours) ils veulent un truc en échange. Donc plutôt que de jouer les hypocrites vertueux, je cite les généreux donateurs, sans pour autant les absoudre de leurs péchés.
Il y a un autre truc que je trouve agaçant, c'est la canonisation rituelle et annuelle de Coluche. Si ma mémoire est juste, Coluche de son vivant était loin de faire l'unanimité et un bon paquet de gens détestait cordialement sa vulgarité grossièreté. C'était d'ailleurs un des signes qui permettait d'identifier les "bien pensants" de l'époque (c'est à dire ceux qui maintenant nous retournent le compliment sans relâche), donc voilà, foin du gentil Coluche sur mon dessin. En plus, quand Coluche a lancé l'idée des restos, c'était explicitement pour récupérer les invendus de la distrib' et les refourguer aux nécessiteux, je trouve donc tout à fait logique et dans l'esprit que Carrefour et Danone s'y collent. Les restos, hélas, c'est pas un service public, et Coluche, heureusement, c'était pas un fonctionnaire.
D'ailleurs la pub, Coluche ne crachait pas tout le temps dessus…
Autre chose concernant la pub, ne croyez pas que je donne de mon temps de travail de manière pure et désintérréssée moi non plus, je fais ça aussi pour l'envoyer à ce cher Sebastien du "Comptoir". S'il me publie se sera l'assurance de récolter quelques visites par ici, et peut-être de ramasser un peu de boulot, ce qui m'arrangerait bien quelque part, vu que j'ai aucune envie d'y aller manger, au Restos du cœur.
Pendant que vous êtes ici, allez voir sur mon blog pro.
Et n'oubliez pas d'aller racheter, vous même, vos péchés de consomateur les 4 et 5 mars.